L'internet du futur est en danger

L'autre jour dans le métro parisien, je lisais un publicité de Bouygues Télécom pour un abonnement internet mobile, avec deux grosses astérisques "sauf les applications VoIP et le peer-to-peer". Peut-etre encore appelé cela de l'internet? Le principe foundateur de l'internet est l'égalité entre les données qui transitent sur le réseau mondial.

Il est évident que les fournisseurs d'accés à l'internet mobile, qui sont dans la plupart des pays des aussi les fournisseurs d'accès au réseau GSM, voient dans les applications de Voix sur IP une menace pour la vache à lait que représente les appels sur GSM. Selon leur logique de recherche du profits, ils ont donc choisi de filtrer les connexions 3G des protocoles de Voix sur IP, ou encore de brider celles-ci pour dégrader la qualité des appels. Dans un pays africain, les opérateurs ont tellement eu peur de perdre leur vache à lait qu'ils ont introduit un délai artificiel de plus d'une seconde, rendant les applications de Voix sur IP pratiquement inutilisables, et forçant ainsi les utilsateurs à utiliser leurs coûteux réseau GSM.

Lors de mes dernières vacances avec des amis hollandais, l'un d'eux me disait "les opérateurs aux Pays-Bas veulent ajouter une taxe aux connexions internet pour pouvoir utiliser Skype".

Et cette menace fût un formidable moteur pour l'adoption la semaine passée par le Parlement Néérlandais de la loi sur la "neutralité d'internet", qui force "les fournisseurs d'accès à internet à ne pas différencier les prix des abonnements internet en fonctions des applications utilisées".

En Belgique, on peut épingler les grands fournisseurs d'accès à internet ne sont pas en reste pour leurs atteintes à la neutralité d'internet. L'année dernière, Telenet annonçait vouloir filtrer les connexions de ses abonnés pour ralentir les connexions des applications peer-to-peer, comme Bittorrent.

Cette balkanisation mets en danger les nouveaux entrants sur le marché, telles que les petites entreprises aggressives et innovantes qui s'appuyent sur la neutralité de l'internet pour proposer leurs services aux utilisateurs.

"Tous les bits sont égaux, ce n'est pas seulement une bonne idée, mais cela devrait être la règle."